Parc du Durmitor

Cinquante sommets au-dessus de 2000 mètres, dix-huit lacs glaciaires et le canyon le plus profond d'Europe, à cinq heures de route de la côte adriatique.

Le massif du Durmitor occupe le nord-ouest du pays, entre les gorges de la Tara et celles de la Piva. Son cœur, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980, couvre 390 km² de plateaux karstiques, de pinèdes et de cirques glaciaires. Le Bobotov Kuk culmine à 2523 mètres, et une cinquantaine de sommets dépassent 2000 mètres. Cette altitude moyenne explique tout : la végétation, l'élevage ovin qui structure encore les villages, et un climat qui n'a rien à voir avec la côte adriatique située pourtant à moins de 150 kilomètres.

Žabljak, à 1450 mètres, est la commune la plus haute des Balkans et la base logique pour explorer le parc. Le bourg compte un peu plus de 2000 habitants à l'année, davantage en saison. On y trouve une concentration de pensions familiales, quelques restaurants servant la cuisine de montagne locale (kačamak à base de farine de pommes de terre et fromage fondu, agneau cuit sous la sač, fromage fumé de Njeguši), et les départs de sentiers vers les principaux lacs glaciaires. Crno Jezero, le Lac Noir, se trouve à 3 kilomètres du centre et constitue le point de départ d'environ 80% des randonnées du parc. Les autres lacs, dix-huit au total, demandent des marches plus longues : Škrčko Jezero dans le cirque éponyme, Zminje Jezero dans la forêt de pins noirs, Modro Jezero au-dessus de 1600 mètres.

Le canyon de la Tara borde le parc à l'est sur 82 kilomètres et descend jusqu'à 1300 mètres de profondeur, ce qui en fait le plus profond d'Europe et le second au monde après le Grand Canyon du Colorado. La rivière elle-même, classée réserve de biosphère, se descend en rafting de mai à octobre sur des sections de classe II à IV selon le débit. Le pont de Đurđevića Tara, ouvrage en arc de 365 mètres construit en 1940, enjambe la gorge à 172 mètres au-dessus de l'eau et reste l'un des points de vue les plus accessibles, à 20 minutes en voiture de Žabljak. Côté ouest, le canyon de la Piva et son lac de retenue offrent un paysage plus minéral, fréquenté par les pêcheurs locaux.

La culture locale reste marquée par la tradition pastorale et les katuns, hameaux d'estive où les bergers montaient autrefois leurs troupeaux de juin à septembre. Certains de ces katuns, notamment ceux de Lokvice et de Škrka, sont encore actifs et accueillent des randonneurs pour la nuit ou un repas. C'est l'occasion de goûter le kajmak frais (crème fermentée), le pršut séché à l'air des hauteurs, et la rakija de prune locale. La région a aussi gardé une forte mémoire de la résistance partisane de la Seconde Guerre mondiale : la bataille de Sutjeska, en 1943, s'est partiellement déroulée sur ces reliefs, et plusieurs stèles jalonnent les sentiers.

Géologiquement, le Durmitor est un livre ouvert sur les glaciations quaternaires. Les cirques, les moraines et les lacs en chapelet témoignent du recul glaciaire, et les dolines karstiques qui parsèment le plateau de Jezerska Površ se comptent par milliers. La faune comprend ours bruns, loups, chamois et aigles royaux, observables avec patience et un guide local. Côté flore, on recense plus de 1300 espèces végétales, dont l'endémique pin de Bosnie (Pinus heldreichii), dont certains individus de la forêt de Crna Poda dépassent 400 ans.

Pour notre équipe à la capitale, le Durmitor représente le versant montagnard que beaucoup de voyageurs sous-estiment en arrivant sur la côte. Il complète une découverte du pays par un changement d'échelle complet : 5 à 10 °C de moins qu'à Kotor en juillet, des distances qui se comptent en heures de route sinueuse, et un mode de vie qui reste rural.

À découvrir

Tour du Bobotov Kuk depuis Lokvice. Ascension de six à huit heures aller-retour avec 1200 mètres de dénivelé, par le sentier balisé qui longe les cirques de Velika Kalica. Vue sur l'ensemble du massif et, par temps clair, jusqu'aux Alpes albanaises.

Rafting sur la Tara entre Brštanovica et Šćepan Polje. Descente de 18 kilomètres en sections de classe III, avec passages dans les gorges les plus encaissées. Sortie d'une journée ou bivouac de deux jours, de mai à octobre selon le débit.

Nuit en katun à Škrka. Marche de quatre à cinq heures depuis Sedlo pour rejoindre un hameau d'estive à 1700 mètres, dîner partagé avec une famille de bergers, fromage et agneau cuit au feu de bois.

Forêt de Crna Poda et pins de Bosnie. Réserve forestière au bord de la Tara abritant des pins endémiques dont certains dépassent 400 ans et 30 mètres de haut. Sentier facile d'une heure.

Pont de Đurđevića Tara depuis l'eau. Vu d'en bas, lors d'une descente rafting, l'arc de 365 mètres construit en 1940 prend une autre dimension. Possibilité de saut à l'élastique en saison.

Quand y aller

La fenêtre idéale pour randonner se situe entre mi-juin et mi-septembre. Les températures à Žabljak oscillent alors entre 8 °C la nuit et 22 à 25 °C l'après-midi, contre 30 à 33 °C sur la côte à la même période. Les sentiers d'altitude sont déneigés à partir de fin juin en année normale, parfois plus tard sur les versants nord. Juillet et août restent les mois les plus fréquentés, notamment autour du Lac Noir et du pont de Tara ; pour plus de tranquillité, nous conseillons la première quinzaine de juin ou la seconde de septembre, quand les couleurs d'automne commencent.

De novembre à avril, la neige s'installe durablement, avec une moyenne de 1,2 mètre au sol en février et des minimales fréquentes à -10 °C. La station de ski de Savin Kuk fonctionne alors, mais l'accès aux sommets en autonomie demande des compétences alpinisme. Mai et octobre sont des mois de transition : sentiers d'altitude encore enneigés ou déjà fermés, pluies fréquentes (150 à 200 mm cumulés sur le mois), mais c'est la meilleure période pour le rafting sur la Tara, lorsque le débit reste soutenu.

Conseils pratiques

Nous recommandons trois nuits minimum sur place pour rentabiliser la route, et plutôt quatre à cinq pour combiner randonnée, rafting et une nuit en katun. Žabljak se rejoint en quatre heures de route depuis Podgorica par Nikšić et Šavnik, ou en cinq heures depuis Kotor. La route depuis la côte passe par des cols à plus de 1400 mètres et reste sinueuse : nous prévoyons systématiquement un chauffeur familier du terrain. L'aéroport de Podgorica reste le point d'entrée le plus pratique, celui de Tivat fonctionne aussi mais ajoute une heure de trajet.

La région se combine naturellement avec le Nord et Biogradska Gora (forêts primaires et lac glaciaire, à deux heures à l'est), et logiquement avec Cetinje et Lovćen pour le retour vers la côte. Une combinaison Durmitor plus Bouches de Kotor sur dix jours fonctionne très bien et donne le grand écart entre haute montagne et littoral méditerranéen. Le confort à Žabljak repose sur des pensions familiales et quelques hôtels trois étoiles, sans grand luxe : nous orientons les voyageurs qui cherchent un standing élevé vers des bases plus confortables et des excursions à la journée, mais cela impose des journées longues. Le Durmitor convient particulièrement aux randonneurs, aux familles avec enfants en âge de marcher (à partir de 8 ans pour les sentiers principaux), et aux contemplatifs qui acceptent un confort simple en échange d'un cadre rural préservé.

Votre projet voyage

Trouvez votre meilleure période

Températures, pluie, affluence mois par mois pour planifier votre voyage en Monténégro.

Quand partir ?

Prêt(e) pour l'aventure ?

Laissez nos conseillers locaux créer votre voyage sur mesure.

À découvrir — Parc du Durmitor

Recherchez et filtrez parmi 2 contenus

2 résultats
2 résultats trouvés

2 sur 2 résultats